Une fois passé un certain niveau de revenus, la fiscalité devient le premier poste de charges d'un médecin libéral. Voici sept leviers à étudier en 2026, et celui dont la logique a changé en profondeur.

1. Le Plan d'Épargne Retraite

Le PER est, pour la plupart des médecins, le premier levier à étudier. Les versements sont déductibles du revenu imposable dans la limite d'un plafond annuel. L'avantage est double : la pression fiscale baisse l'année du versement, et l'épargne constituée prépare une retraite que la CARMF ne couvre que partiellement.

2. Le déficit foncier

Un bien immobilier ancien à rénover, détenu en location nue, génère des travaux déductibles des revenus fonciers, puis du revenu global dans une certaine limite. Le déficit foncier est un levier solide pour un médecin déjà propriétaire de biens locatifs, à condition que l'opération tienne sur ses fondamentaux, et pas seulement sur l'économie d'impôt.

3. La location meublée

Le statut de loueur en meublé non professionnel permet d'amortir le bien et le mobilier, ce qui réduit fortement, voire neutralise, la fiscalité des loyers perçus. C'est un levier de rendement net, particulièrement pertinent pour un médecin qui souhaite des revenus complémentaires peu fiscalisés.

4. Le Girardin Outre-Mer

Le dispositif Girardin offre une réduction d'impôt l'année qui suit l'investissement, en contrepartie d'un financement d'actifs productifs ou de logements sociaux Outre-Mer. La réduction peut dépasser le montant investi. C'est un levier puissant, mais qui exige une sélection rigoureuse de l'opérateur et du montage : un dossier mal sourcé fait perdre l'avantage.

5. Les enveloppes d'investissement

L'assurance-vie et le plan d'épargne en actions ne réduisent pas l'impôt à l'entrée, mais ils allègent durablement la fiscalité des gains et de la transmission. Pour un médecin qui construit un patrimoine financier sur vingt ou trente ans, le choix et le calibrage de ces enveloppes pèsent davantage qu'un coup fiscal ponctuel.

6. La SEL après 2024 : un outil patrimonial, plus un réflexe fiscal

C'est le levier dont la logique a changé. Pendant des années, le passage en société d'exercice libéral était présenté comme l'optimisation fiscale automatique du médecin. Ce n'est plus le cas.

Depuis le 1er janvier 2024, les rémunérations techniques des associés exerçants en SEL sont imposées en BNC, comme des revenus libéraux classiques. L'arbitrage entre rémunération et dividendes s'est resserré à environ 5 % des revenus. La SEL conserve un intérêt réel pour la protection patrimoniale, la préparation d'une transmission de patientèle et le réinvestissement des liquidités dans une holding. Mais le basculement pour la seule économie d'impôt ne tient plus.

7. Prévoyance et structuration des revenus

Dernier levier, souvent négligé : la prévoyance et la façon dont les revenus sont structurés. Une couverture bien dimensionnée protège le revenu en cas d'arrêt, tout en ouvrant, selon les contrats, une déductibilité. C'est la base sur laquelle reposent tous les autres leviers : optimiser un revenu mal protégé n'a pas de sens.

Aucun de ces sept leviers n'est bon ou mauvais en soi. Ce qui compte, c'est leur combinaison, calibrée sur votre tranche d'imposition, votre horizon et vos objectifs. Un dispositif pertinent pour un médecin de 35 ans qui démarre ne l'est pas pour un chirurgien de 55 ans qui prépare sa transmission.